Les réformes structurelles du Maroc
Les réformes structurelles affectent la croissance :
Malgré son succès, la politique de stabilisation a commencé à affecter la compétitivité du pays. Tout d'abord, l'ancrage du taux de change s'est traduit par une appréciation du dirham de plus de 20 pour cent en termes réels sur la période 1990-99. Le dirham s'apprécie toujours et plus récemment, son cours est passé de 0,082 euro pour 1 dirham à 0,0906 entre 2004 et 2005 soit une augmentation de plus de 10 % sur la période.
Néanmoins, le dirham marocain n'est pas librement convertible. Son cours est établi par rapport à un panier de monnaies comprenant les devises de ses principaux partenaires commerciaux, mais avec une surreprésentation du dollar par rapport à l'euro, alors que l'Europe est le premier partenaire commercial du Maroc.
Cette situation a incité les autorités à dévaluer la monnaie nationale de 5 % en termes nominaux en avril 2001. Ensuite, le succès mitigé de la réduction du déficit budgétaire et de la dette n'a pu aller que dans le sens d'une pression accrue sur les ressources domestiques et sur les taux d'intérêt. Enfin, le déficit budgétaire a été contenu principalement au prix d'une contraction de l'investissement public alors que les dépenses récurrentes, en particulier la masse salariale, sont demeurées élevées. Il est encore trop tôt pour savoir si le récent réajustement du taux de change constitue un premier pas vers une gestion plus souple de cet instrument, et quelles autres mesures les autorités envisagent dans le domaine budgétaire.
Accélérer et achever le processus de réformes structurelles est une condition clé pour que le Maroc réalise de manière durable son potentiel de croissance. Au cours des années 90, de nombreuses réformes ont été mises en place : le secteur financier a pour l'essentiel été libéralisé ; un programme de privatisation est en cours depuis 1993, y compris la participation du secteur privé dans de nombreux secteurs d'infrastructure ; et le climat des affaires a été amélioré.
Aujourd'hui, le Maroc est en excellente position, tous les indicateurs économiques font ressortir que l'année 2006 a été excellente, et sans précédent dans son histoire.
Le Maroc, qui ambitionne de se positionner en tant que principale plate-forme d'exportation au Sud de la Méditerranée, connaîtra, "un véritable décollage économique". Le premier ministre Driss Jettou a mis en place ces dernières années plusieurs projets dont l'assainissement et la recapitalisation des établissements publics et l'accélération du rythme d'exécution des programmes, lancés dans les différentes régions. Mais également donner de la cohérence à tous ces programmes et de les inscrire dans le cadre d'une vision à long terme. Notamment, l'opération de restructuration et de recapitalisation des établissements publics tels que le Crédit Immobilier et Hôtelier (CIH), la Caisse Nationale de Crédit Agricole (CNCA), la Caisse Nationale de Sécurité Sociale et les Etablissements Régionaux d'Aménagement et de Construction (ERAC).